« La boulangerie sénégalaise est en danger de mort ». C’est l’alerte lancée ce mercredi 13 mai en conférence de presse par la Fédération Nationale des Boulangers du Sénégal (FNBS), qui dénonce une filière asphyxiée par la hausse des coûts et l’inaction de l’État.
Depuis deux ans, les boulangers alertent sur une situation qui ne cesse de se dégrader. Le maintien artificiel du prix du pain à 150 FCFA, sans mesures d’accompagnement, a transformé la production en activité structurellement déficitaire. « Comment maintenir un prix social à 150 FCFA quand l’électricité explose, quand la levure et les améliorants flambent, quand la farine se raréfie et que nos fours s’arrêtent faute de Diesel ? » interroge Amadou Gueye le Président de la FNBS.
Le secteur est au bord de l’effondrement. Selon la Fédération Nationale des Boulangers du Sénégal qui regroupe les professionnels du secteur et défend la viabilité économique et sociale de la filière boulangère, la crise menace directement 2 500 boulangeries sur l’ensemble du territoire, des milliers d’emplois directs et indirects, la stabilité sociale et la souveraineté alimentaire du pays.
Face à la situation critique, la FNBS propose un plan de réforme en cinq volets : fixation d’un pain de référence à 200 FCFA pour 210g, tout en conservant les prix de 150 FCFA et 100 FCFA pour les formats sociaux ; abolition de la TVA sur l’électricité, mise en place de tarifs spécifiques pour les boulangers, incitations au solaire et un programme de transition énergétique ; application rigoureuse du décret 22-77, relance des comités techniques régionaux, délai de 20 jours maximum pour les permis, et lutte contre le dumping ; suppression de la TVA sur la farine locale, la levure et les additifs, ouverture du marché de la farine, aide à la création de minoteries et obligation d’utiliser des céréales locales comme le mil, le maïs et le fonio ; enfin, organisation d’un Conseil interministériel (Industrie, Finances, Énergie, Environnement, Formation, Intérieur) pour établir une stratégie engageante.
La FNBS prévient que si des mesures concrètes ne sont pas prises immédiatement, un plan d’actions national sera déployé, avec un impact direct sur la production et la distribution du pain. « Nous ne voulons pas la confrontation. Nous voulons un dialogue sincère, suivi d’effets immédiats. Mais nous n’accepterons plus l’extinction silencieuse de nos boulangeries », déclare le Président de la Fédération.
Pour la FNBS, le message est clair : sauver la boulangerie, c’est préserver la souveraineté alimentaire et la stabilité sociale du Sénégal. L’indifférence n’est plus une option.
Samba NDOYE











