Pour la première fois, le Sénégal a accueilli ce lundi 18 mai 2026, la Journée internationale des femmes du secteur maritime. À cette occasion, l’Agence nationale des Affaires maritimes (ANAM) a réuni autorités, professionnelles et actrices de l’économie bleue pour célébrer les parcours féminins et lancer officiellement son nouveau logo.
Ouvrant la cérémonie, le Directeur général de l’ANAM, M. Bécaye Diop, a salué un moment historique pour le Sénégal, « terre de marins et de rêves ». Il a affirmé que l’agence voulait « jeter l’ancre d’un avenir où chaque femme du secteur maritime sénégalais est reconnue comme une force vive, une architecte essentielle de notre économie bleue ».
Dans un discours imagé, il a dénoncé un secteur longtemps « à l’horizon exclusivement masculin », avant d’affirmer que « les vents tournent ». Pour lui, les femmes ne sont plus « celles qui attendent sur le rivage » mais « celles qui tiennent la barre, la boussole de nos politiques et l’ancre de nos institutions ».

S’adressant directement à la ministre de tutelle, il l’a qualifiée d’« étoile polaire » du secteur maritime sénégalais, avant de prendre un engagement : « L’ANAM sera le vent dans vos voiles, en posant des actes concrets et mesurables pour votre pleine inclusion ». Le lancement du nouveau logo de l’agence, a-t-il ajouté, symbolise « une gouvernance maritime résolument moderne, performante, durable et inclusive ».
Prenant la parole, Mme Awa Camara Boussou, Point focal WIMOWCA au Sénégal, a mis l’accent sur le déficit de visibilité qui freine l’engagement des jeunes filles. « Trop de jeunes filles hésitent encore à rejoindre le secteur maritime, faute de modèles, de mentorat, d’accompagnement ou simplement de perspectives visibles », a-t-elle déploré.
Elle a lancé un appel solennel aux autorités et au secteur privé pour renforcer l’accès des femmes aux formations techniques et stratégiques, promouvoir davantage de femmes aux postes de décision, intégrer la dimension genre dans les politiques maritimes et créer des programmes nationaux de mentorat. « Investir dans les femmes du maritime n’est pas une faveur. L’Afrique, et particulièrement le Sénégal, ne doit laisser aucun talent de côté », a-t-elle insisté.
Marraine de la cérémonie, la ministre des Pêches et de l’Économie maritime, Dr Fatou Diouf, a salué une rencontre qui dépasse la commémoration pour devenir « un acte de reconnaissance internationale ». Elle a rappelé que la Vision Sénégal 2050, portée par le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, place l’équité sociale et l’autonomisation des femmes au cœur de la transformation structurelle du pays.
« Dans l’économie bleue, la contribution des femmes apparaît aujourd’hui comme un impératif stratégique et une exigence de performance », a-t-elle déclaré. Elle a mis en avant les progrès réalisés grâce à la Cellule Genre du ministère et au Plan d’institutionnalisation du genre, ainsi que les programmes d’appui aux mareyeuses et transformatrices via la CEPIA.
Pour la ministre, les défis restent importants : formation professionnelle, accès au financement, promotion du leadership féminin et amélioration des conditions de travail. Elle a salué le travail de l’ANAM et le lancement de son nouveau logo, qu’elle voit comme « une ambition renouvelée de modernisation institutionnelle et d’ouverture sur les standards internationaux ».
Entre discours engagés et symbolique forte, cette première édition sénégalaise de la Journée internationale des femmes du secteur maritime a envoyé un message clair : l’avenir de la mer au Sénégal se conjugue désormais au féminin. L’ANAM entend poursuivre sur cette lancée en faisant de l’inclusion une boussole de ses politiques, afin que les petites filles d’aujourd’hui deviennent les commandantes, ingénieures et dirigeantes de demain.
Samba NDOYE











