Le Ministère de l’Environnement et de la Transition Écologique, en collaboration avec la Direction du Changement climatique, de la Transition écologique et des Financements verts, a procédé ce jeudi 26 février 2026 au lancement officiel du projet « Solutions de refroidissement éco-énergétiques et respectueuses du climat et mise à jour des Contributions Déterminées au niveau National (CDN) au Sénégal ».

La cérémonie s’est tenue en présence de M. Ababacar Dieng, représentant du ministre Dr Abdourahmane Diouf, de Mme Mame Coumba Ndiaye, Directrice générale de l’Agence pour l’Économie et la Maîtrise de l’Énergie (AEME), du représentant de l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), ainsi que des acteurs publics, privés et partenaires techniques et financiers.

Les systèmes de refroidissement — climatisation, réfrigération commerciale et industrielle, chaîne du froid — représentent aujourd’hui un levier stratégique pour la sécurité alimentaire, la santé publique, la compétitivité industrielle et la résilience climatique.

Porté par un financement du Fonds vert pour le climat, le projet sera mis en œuvre conjointement par le METE, l’AEME (Ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines) et l’ONUDI. D’une durée de trois ans et doté d’un budget d’un million de dollars américains, il vise à réduire durablement les émissions de gaz à effet de serre (GES) et à améliorer l’efficacité énergétique nationale.

Prenant la parole, M. Ababacar Dieng a rappelé que le réchauffement climatique constitue « la grande crise écologique de notre époque », évoquant sécheresses, inondations, érosion côtière et événements climatiques extrêmes.

Il a souligné les engagements internationaux du Sénégal, notamment dans le cadre du Protocole de Montréal et de son amendement de Kigali, ainsi que de l’Accord de Paris.

Le Sénégal, a-t-il indiqué, a déjà éliminé les chlorofluorocarbures depuis 2010 et s’oriente vers la réduction progressive des hydrofluorocarbures (HFC), avec un objectif global de réduction de 85 % d’ici 2047 conformément à l’amendement de Kigali.

Il a également rappelé que le pays s’inscrit dans la trajectoire de la troisième génération de CDN, alignée sur la vision 2050 portée par le Président Bassirou Diomaye Faye et mise en œuvre sous la houlette du Premier ministre Ousmane Sonko.

Pour Mme Mame Coumba Ndiaye, la croissance rapide de la3 demande en refroidissement, alimentée par l’urbanisation, la démographie et les effets du changement climatique, constitue un défi majeur.

Elle a averti que, sans maîtrise, cette dynamique risque d’accentuer la pression sur le système électrique national et d’alourdir les charges énergétiques, notamment dans les secteurs industriel et tertiaire.

Le projet ambitionne ainsi de :
● réduire l’empreinte carbone du secteur,
améliorer l’efficacité énergétique,
● promouvoir des fluides frigorigènes à faible potentiel de réchauffement global,
● renforcer l’adaptation au changement climatique.

Le représentant de l’ONUDI a détaillé les cinq axes majeurs du projet :
■ Gouvernance et coordination interinstitutionnelle (comité de pilotage, comité technique, groupe de travail).
■ Renforcement des capacités des institutions, PME et organisations professionnelles, avec un objectif d’au moins 40 % de participation féminine.
■ Appui à la mise à jour et à l’opérationnalisation des CDN, via des évaluations sectorielles et consultations nationales.
■ Analyse du marché et cadre réglementaire, incluant normes minimales de performance énergétique et étiquetage.
■ Communication et gestion des connaissances pour assurer la diffusion des résultats.

Le projet s’inscrit également dans la deuxième phase du Programme de Partenariat Pays (PCP2) signé récemment entre le Sénégal et l’ONUDI pour la période 2026-2030.

Au nom du ministre de l’Industrie et du Commerce, Dr Sérigne Diop Gueye, M. Bokoum Sow a insisté sur l’importance du refroidissement pour les chaînes de valeur industrielles : agro-industrie, pharmacie, logistique et bâtiments industriels.

Il a affirmé que le secteur industriel s’engage à :
● participer activement aux consultations nationales,
● soutenir l’adoption de normes énergétiques et environnementales,
●《promouvoir les investissements verts,
● renforcer la compétitivité par l’efficacité énergétique.

Au-delà de son volet technique, le projet constitue un levier stratégique pour transformer le secteur du refroidissement en moteur de compétitivité, d’innovation et de réduction des émissions.

Les autorités ont salué la synergie interinstitutionnelle engagée, rompant avec les logiques de travail en silo, et ont exprimé leur reconnaissance au Fonds vert pour le climat ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers.

Cet atelier marque ainsi une étape décisive dans la consolidation de la trajectoire du Sénégal vers un développement industriel durable, résilient et sobre en carbone, en cohérence avec ses engagements internationaux et ses ambitions nationales.

Moussa Diba