Les collectifs de lutte contre l’accaparement des terres ont organisé une conférence de presse ce vendredi 7 juin 2024. L’objectif est d’attirer l’attention du public sur les spoliations foncières perpétrées de manière systématique à l’encontre des communautés rurales du Sénégal depuis plus d’une décennie. À travers les médias, les acteurs ont lancé un appel à l’État du Sénégal afin que les enquêtes puissent être menées dans le monde rural et de prendre des mesures correctives pour rétablir la justice et restaurer les droits des communautés.
A l’en croire, Dr. Mbaye CISSÉ, Docteur en Droit membre de la société civile, par ailleurs président du réseau de la vallée contre l’accaparement des terres et la dégradation de l’environnement, depuis le décret n° 2012-366 du 20 mars 2012, qui a entraîné le déclassement de 26 550 hectares de la Réserve d’Avifaune du Ndiael au nom de l’utilité publique, les habitants locaux, en particulier les agriculteurs et les éleveurs, ont été privés de leurs moyens de subsistance. Un autre décret (n° 2012-367), le même jour, a attribué 20 000 hectares à l’entreprise Senhuile Senethanol du Tampieri Financial Group pour la culture de graines de tournesol destinées à l’exportation et à la production de bioéthanol, affectant plus de 37 villages sans aucune utilisation significative de ces terres depuis. Cette entreprise a depuis été cédée à d’autres investisseurs étrangers, dont M. Frank Timis. Les villages de Daga et de Kholpa dans la commune de Yenne ont également été touchés par des affectations massives de terres pour des projets urbains sans le consentement préalable des populations locales. Cette tendance s’est poursuivie jusqu’à ce jour, avec un conflit majeur sur des terres à Ndingler, où plus de 70 hectares sont en litige, privant les paysans de leur droit légitime d’exploitation et de subsistance. Des scénarios similaires se reproduisent dans d’autres régions, notamment à Bala (département de Goudiri), à Wassadou, à Mbane ou les communautés font face à des Indiens et la famille Fakhri, ainsi qu’à Ourour dans le département de Guinguinéo. L’entreprise minière GCO, spécialisée dans l’exploitation de zircon, a déplacé des centaines de producteurs, les privant de leurs emplois et de leurs récoltes. L’attribution imminente de 5 000 hectares dans les communes de Palmarin et Djilass à des investisseurs indiens pour l’extraction du sel risque de compromettre sérieusement les moyens de subsistance des populations locales.
Les collectifs informent par ailleurs qu’ils comptent organiser un sit in national pour interpeller davantage les nouveaux dirigeants.
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