Dans un pays comme le Sénégal, où les femmes constituent plus de la moitié de la population par rapport
aux hommes soit un pourcentage de 50,2%1. Cependant, en raison de leur sexe, les femmes sont souvent exposées ou sont l’objet de violences sous toutes leurs formes. Une raison de plus pour le Collectif DAFADOY et son partenaire de convier plusieurs acteurs notamment des juristes, des porteurs de voix, des associations de femmes de discuter autour de cette question.
Pour le Collectif et les participants les agressions à caractères sexuels constituent les formes de violences
les plus répandues dont elles sont victimes et le plus souvent, ces violences se déroulent dans la sphère publique ou dans la sphère privée, y compris le cadre familial et causent d’importantes conséquences néfastes, préjudiciables à l’endroit des
victimes et de leur famille. Et pour endiguer et lutter contre la recrudescence du fléau, l’Etat du Sénégal, sous la houlette de la société civile, a d’abord adopté la loi n°99-05 du 29 janvier 1999 modifiant certaines dispositions du Code
pénal, avec entre autres innovations, la définition du viol et le durcissement de
son régime, notamment quand il est accompagné de certaines circonstances
aggravantes. Dans cette catégorie de violences sexuelles, le viol se
retrouve au premier rang et fait partie malheureusement des sujets qui sont
banalisés comme le confirme leur traitement ou classement dans les faits divers alors qu’il s’agit d’un phénomène de société massif qui touche toutes les couches de la population. Cette loi n’en faisait toutefois pas un crime, sauf lorsque le viol est suivi de la mort de la victime. Elle avait également élargi la répression aux actes de pédophilie qui n’étaient appréhendés que sous leurs formes vagues d’attentat à la pudeur sans violence.
La dernière réforme portée une fois de plus par les organisations de la société
civile réunies autour du Collectif Dafadoy, est la loi 2020-05 criminalisant le viol
et la pédophilie modifiant ainsi l’ancienne loi n°65-60 du 21 Juillet 1965 portant
code pénal, avec des chapitres visant à durcir la répression du Viol et de la
pédophilie avec des sanctions pouvant aller de la réclusion criminelle à la
perpétuité. En plus des innovations apportées par la loi de 29 janvier 1999
modifiant quelques dispositions du code pénal, la loi 2020-05 du 10 janvier 2020.
criminalisant le viol et la pédophilie constitue une avancée majeure dans la
protection des droits des femmes et des enfants au Sénégal.
Mais malgré ce renforcement du cadre juridique protecteur avec l’existence de nouvelles lois, le phénomène perdure en détruisant la vie des personnes l’ayant subi.
Aminata NIANG Lo chargé du Projet au Collectif DAFADOY « Nous sommes une organisation spécialisée dans la lutte contre le viol. Je disais que nous sommes depuis quelques années en train de dérouler pas mal de programmes surtout dans les régions de Dakar, Thies, Diourbel, Ziguinchor et Kédougou pour vraiment contrecarrer ce fléau. Cet atelier vient en complément à une étude qu’on a faite sur la perception du viol dans les régions que je viens d’énumérer. Les résultats ont été partagés. On a même eu l’occasion de le partager avec vos collègues journalistes. Et nous sommes revenus aujourd’hui pour compléter cette enquête pour recueillir la perception chez la cibles.Il s’agit notamment de journalistes, de juristes, juste d’acteurs communautaires qui sont dans le même domaine » a-t-elle dit.
Ainsi dans son objectif principal d’échanger avec les journalistes des radios communautaires et les membres de la société civile sur la perception du viol par les communautés, le Collectif relève des avancées significatives malgré la complexité du sujet « Pour ce qui du viol, nous sommes assez contents de voir que une pour la plupart des personnes qui ont été enquêtées dans le cadre cette étude, il y a une bonne compréhension de ce qu’est le Viol. Maintenant ce qu’il plus tôt discuter c’est vraiment rentrer dans les détails pour voir ce qu’en dit la loi. Parce que les populations ne sont pas toujours conscientes de ce que dit la loi par rapport à ce phénomène et c’est ce qui pose problème. Parce que souvent on a tendance à étiqueter les personnes qui sont victimes de viol sans pour autant savoir ce que la loi a dit par rapport à ces victimes » conclut-elle face aux journalistes.
Ils attendent entre autres, une harmonisation et une compréhension du concept ‹Viol » avec la cible; poursuivre les échanges avec les journalistes et les acteurs de la société civile sur la
perception du viol dans la société sénégalaise à travers un questionnaire mais également de discuter de stratégies innovantes de lutte et de prévention contre le phénomène du viol.
Ansou MANÉ