Le mouvement paysan et ses leaders au niveau local, national et Ouest Africain s’est réuni ce jeudi 25 janvier 2024 en présence de leur président Nassirou Sall pour une transformation réussie de l’agriculture Familiale, la révision de la Loi Agro Sylvo Pastorale (LOASP) arrivant à expiration en 2024, une gouvernance foncière pour faciliter l’accès à la terre et sécuriser la propriété paysanne, une stratégie d’insertion des jeunes dans le secteur agricole.
Le Conseil National de Concertation et de Coopération des Ruraux a pour mission de promouvoir une agriculture paysanne durable capable de garantir la sécurité alimentaire, de contribuer à la création d’emplois et au développement économique du Sénégal. Depuis sa création en 1993, le CNCR a toujours œuvré pour défendre les intérêts des exploitations familiales et des acteurs du monde rural en partenariat avec l’État du Sénégal, le secteur privé et la société civile. Ce mouvement des paysans sénégalais est le fruit d’une longue mobilisation d’organisation des agriculteurs, des éleveurs, des pêcheurs et des acteurs de la sylviculture.
Né dans les années 1970 en réponse aux défis causés par les sécheresses et les politiques d’ajustement structurel, ce mouvement a su s’imposer comme acteur incontournable du développement rural au Sénégal. Les luttes menées par le CNCR ont permis des avancées significatives dans différents domaines tels que la reconnaissance du rôle des organisations dans la gouvernance du secteur agricole, la mise en place des mécanismes de concertations et de financements de l’agriculture.
Cependant, malgré ses avancées de nombreux défis persistent et appellent à une action urgente et concernant. Le statut juridique des exploitations familiales n’est pas formalisé, les personnes qui exercent le métier de l’agriculteur ne disposent pas de régimes de protection sociale, le conseil supérieur Agro Sylvo Pastoral ne sait jamais réuni ce qui impacte sur le dialogue entre les organisations professionnelles et le plus haut autorité, le système de financement agricole et rural reste encore moins efficace et déficient, les réponses et interventions en faveur des jeunes souffrent encore de cohérence et de synergie, ce qui nécessite de repenser leurs approches, après plus d’un quart de siècle le processus de réforme foncière n’est pas toujours abouti.
Face à cette situation, le CNCR propose :
– promulguer et mettre en application un décret qui formalise le statut juridique des exploitations familiales en application du chapitre 5 de la loi agro-pastorale afin de faciliter leur accessibilité aux crédits et aux financements ainsi que de favoriser l’autonomisation des femmes et l’emploi des jeunes
– d’être à jour et faire appliquer le décret 2008-12-62 relatif à la protection sociale des personnes exerçant le métier de l’agriculteur pour garantir une protection sociale adaptée aux paysans et paysannes
– organiser la première session du conseil supérieur agro sylvo pastoral en 2024 conformément aux dispositifs prévus par le décret 2007-11-47 afin d’améliorer la gouvernance du politique agricole et à la fois corrigé une culture de transparence et de recevabilité
– améliorer de façon quantitatif et qualitatif les financements destinés aux exploitations familiales en mobilisant davantage
– améliorer la mobilisation des ressources publiques destinés aux secteurs agricoles…
Le CNCR a fini par appeler les autorités sénégalais actuelles et futures à prendre en considération leurs préoccupations et les intégrant dans leur politique et programme du monde rural pour permettre de relever les défis actuels et de garantir une prospérité pour le monde rural sénégalais.
Samba Ndoye











