Depuis plus de vingt ans, la jeunesse de Kolda mérite qu’on croit en elle, qu’on l’accompagne et qu’on lui ouvre des horizons plus grands que ses peurs. C’est le constat que pose Moudjibou Rahamane BALDE dans une contribution publiée cette semaine, où il revient sur deux décennies d’engagement aux côtés des jeunes de la région.

L’ auteur rapelle avoir marché aux côtés de centaines de jeunes dans le développement, l’engagement citoyen et la formation humaine. De ces parcours ont émergé des dynamiques qui, selon lui, ont redonné espoir à la région : des filles autrefois silencieuses devenues des voix respectées, des garçons sortis du doute et conscients de leur valeur.

« Rien de tout cela ne s’est construit dans la facilité, ni dans la haine ou l’humiliation de l’autre. Tout s’est construit dans l’effort, dans l’encadrement, dans la patience et surtout dans la confiance », écrit-il.

Il cite notamment le CCA et les clubs des jeunes filles leaders portés par Babacar Sy comme de véritables « écoles de résilience », où l’échec est vu comme une étape surmontable et où la dignité des jeunes filles s’est forgée.

Au-delà du bilan, la contribution prend la forme d’un appel à apaiser le climat actuel. Moudjibou Rahamane BALDE déplore que des années d’engagement soient réduites à des attaques et au « lynchage » sur les réseaux sociaux.

« La critique peut faire avancer une communauté lorsqu’elle est constructive, mais elle devient dangereuse lorsqu’elle cherche uniquement à humilier ou à détruire », souligne-t-il, en exprimant publiquement son soutien à Babacar Sy.

Pour lui, une société mature ne détruit pas ceux qui ont participé à son évolution. Elle sait reconnaître les efforts, même lorsqu’elle choisit d’emprunter de nouveaux chemins.

L’auteur insiste : Kolda reste une terre de dignité, de solidarité et de résilience. Derrière le bruit des polémiques, dit-il, une majorité silencieuse travaille, éduque, soigne et inspire.

Il interpelle directement la jeunesse : « Ne laissez jamais la colère voler votre avenir. Votre énergie doit servir à créer, à entreprendre, à apprendre et à inspirer. Le monde appartient à ceux qui bâtissent, pas à ceux qui détruisent. »

La tribune se conclut sur un appel à baisser le ton et à retrouver l’essentiel. « Nous pouvons être différents sans devenir ennemis. Nous pouvons débattre sans nous déchirer. Ce qui restera de nous, ce ne sont pas les conflits que nous avons alimentés, mais les ponts que nous aurons construits pour les générations futures. »

Moudjibou Rahamane BALDE est consultant formateur sénior, acteur de développement, membre de la société civile koldoise, écrivain, essayiste et critique littéraire.