Louer à Dakar est devenu difficile du fait de la hausse du prix du loyer.
Avant d’acquérir une chambre ou un appartement en location, beaucoup de personnes suent à grosses gouttes. De leur côté, les courtiers, qui accusent l’Etat de n’avoir pas pu réguler le secteur, s’en lavent les mains. La hausse du prix du loyer laisse bouche bée certains Sénégalais, qui ne savent à quel saint se vouer. Nombreux d’entre eux imputent à l’Etat la montée en flèche du coup du loyer. Pour eux, les autorités laissent les bailleurs dicter leur fol.

Babacar Ndao, agent immobilier depuis 17 ans, trouvé à Castor avance que la cherté du loyer engage la responsabilité des bailleurs Car, selon lui, pour mettre un immeuble en location, le bailleur est obligé de payer des frais bancaires. «C’est pourquoi, souvent les bailleurs réclament à celui qui veut louer un local, de 1à 3 voire 4 mois de cautions, justifie-t-il, indiquant qu’être bailleur est noble, mais que c’est un métier négligé par l’Etat. En 2014, une loi portant sur la baisse des loyers à usage d’habitation a été votée. Cette loi sur la baisse des loyers a été votée et promulguée dans un contexte où la pouvoir d’achat des ménages a été rudement affecté du fait de la hausse des prix des loyers au Sénégal. Accueillie avec beaucoup d’enthousiasme par les locataires, cette loi a quasiment connu un échec. Selon M. Ndao, (‘Etat doit prendre ses responsabilités pour appliquer dans toute sa rigueur cette loi en faveur des locataires. «Parce qu’il y a certains bailleurs qui ne respectent pas les régies. La vie est chère maintenant. Plusieurs individus rencontrent des difficultés pour subvenir à leurs besoins. Je lance un appel à l’Etat pour la réduction du prix du loyer, on faisant de telle sorte que les gens puissent accéder à des logements à moindre prix, se désole-t-il, assis à l’entrée d’un immeuble à quatre étages situé à la Sodida, un quartier semi industriel. A l’image de Babacar Ndao. Dramare Sarr est aussi agent immobilier. Entouré de vendeurs de fruits et café, Sarr renseigne que la hausse du prix du loyer est due au non-respect de la loi votée à l’Assemblée nationale an 2014 concernant la baisse des loyers, mais également au manque d’organisation du secteur de la part de l’Etat. La situation est plus ou moins catastrophique. Nous ne pouvons pas comprendre pourquoi la location est devenue chère. On se trouve dans une situation difficile du simple fait que financièrement, les populations peinent à joindre les deux bouts, avance-t-il, remuant les mains comme pour appuyer son argumentation. Fatoumata Barry, 42 ans, Sénégalaise et commerçante, est presque e colère contre certaines agences immobilières et de propriétaires d’immeubles q n’ont d’yeux que pour les étrangers à qui ils préfèrent louer leurs biens. «Le prix du loyer est très cher, surtout la caution qui complique la situation. Si on ne répond pas aux attentes des bailleurs, on risque de dormir dans la rue. Certains courte refusent de louer aux femmes, d’autres courtiers louent qu’aux étrangers et étudiantes, regrette-t-elle. «Le bailleur ne répondait plus à mes appels Aissata Kébé qui partage le prix de la to o cation d’un appartement avec un étranger, Invite l’Etat à bloquer le coup du loyer, Je souhaite que l’Etat réagisse à cette situation dans le but de trouver des solutions définitives afin que bailleurs et locataires partent à chance égales an ce qui concerne la location», dit-elle. Avant de dénoncer la pression que les courtiers exercent souvent sur le client qui est dans le besoin et l’urgence. Les courtiers exigent des frais de visite estimés à 2.000 francs CFA, alors que le client n’a même pas vu le local. Durant la journée, vous dé pensez comme pas possible sans trouver – une chambre. Comme vous êtes dans le besoin, vous êtes obligés de subir les caprices dos courtiers», confie-t-elle. Justin Dembélé, 23 ans, un étudiant étranger raconte les difficultés auxquelles, il s’est confronté «Une fois, un bailleur m’a demandé de payer trois mois de caution et 2 000 francs CFA pour la visite. J’ai versé 212 000 francs CFA au total soit 70 000 francs CFA pour les frais de caution, 70 000 francs CFA pour le premier mois de loyer d’avance et 70 000 francs CFA pour les frais de commission et 2 000 francs pour visiter la chambre avec salle de bain Entretemps, pour des problèmes liés à la disponibilité de l’eau. J’avais déjà libéré la chambre dans laquelle j’habitais en tant que locataire. Mais, ma peine ne faisait que commencer. Après cela, le bailleur ne répondait plus à mes appels, je me suis retrouvé quelques jours dans la rue, confie-t-il. Aujourd’hui, Justin Dembélé a fini par trouver un appartement en location, qu’il partage avec des amis.

Aminata TOURE (Stagiaire)