La région de Fatick a vibré ces quatre derniers jours au rythme de la troisième édition du Festival du Sine, rendez-vous culturel initié par l’artiste rappeur Casy Mc et devenu en trois ans l’un des marqueurs identitaires les plus visibles du territoire. Deux jours durant, la capitale du Sine s’est transformée en une vaste scène à ciel ouvert où se sont croisés artistes confirmés, jeunes talents, artisans, acteurs culturels, autorités et visiteurs venus de plusieurs régions du pays. Pensé comme un événement artistique, éducatif et touristique inclusif, le festival poursuit un triple objectif : promouvoir la culture locale, stimuler l’économie du Sine et positionner Fatick comme une destination culturelle à part entière. « Le Festival du Sine est une initiative culturelle et territoriale visant à valoriser le patrimoine culturel, artistique et touristique de la région de Fatick, en particulier les richesses culturelles sérères », insiste Moustapha Thioune, manager général de Casy Mc. Après deux premières éditions qui ont installé la manifestation dans l’agenda culturel régional, les organisateurs voulaient franchir un palier. Cette troisième édition ambitionnait ainsi « de renforcer la promotion des industries culturelles et créatives, d’encourager l’expression artistique des jeunes talents, de dynamiser l’économie locale et de contribuer à la promotion du tourisme dans le Sine ». Sur le terrain, cela s’est traduit par des plateaux musicaux mêlant rap, mbalax, chants traditionnels sérères et sonorités modernes, des expositions d’artisanat local, des défilés de mode inspirés des pagnes du Sine et des espaces dédiés aux créateurs. Mais le festival ne se limite pas à la fête. Il se veut aussi un cadre de réflexion et de transmission. Des panels et ateliers ont été organisés autour du développement durable, de l’employabilité des jeunes, de la formation artistique et de la sauvegarde du patrimoine immatériel. Contes, luttes traditionnelles, danses du Kumpo et savoir-faire liés à la vannerie ou à la poterie sérère ont été mis en avant pour sensibiliser le public, notamment les plus jeunes, à la richesse et à la fragilité de cet héritage. La dimension institutionnelle a donné une portée nouvelle à l’édition 2026. Bakary Sarr, secrétaire d’État à la Culture, a fait le déplacement pour marquer le soutien de la tutelle. Il y voit « un événement majeur pour la culture sérère » et surtout la preuve que la politique culturelle se matérialise sur le terrain : « Cette édition est une matérialisation de ce que le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme est en train de faire. Il s’agit de valoriser et de préserver tout ce qui est patrimoine pour le développement de la destination touristique et la promotion de l’artisanat. Ce festival est une manière de montrer au Sénégal et au monde entier tout le potentiel touristique, culturel et artisanal de la région de Fatick ». Ancien ministre des Sports, Matar Ba a également salué « un événement culturel majeur, devenu un rendez-vous incontournable, qui met en valeur les richesses artistiques, culturelles et traditionnelles du Sine, tout en offrant un cadre de rassemblement, de partage et de promotion des talents locaux ». Au niveau local, la municipalité assume pleinement son rôle de partenaire. Le maire de Fatick a réaffirmé « son engagement constant en faveur de la culture, de la jeunesse et des initiatives contribuant au rayonnement de Fatick ». La commune a adressé ses « félicitations chaleureuses à l’artiste Casy Mc ainsi qu’à l’ensemble des organisateurs pour la réussite de cette belle édition » et encourage la pérennisation de telles manifestations, jugées « porteuses de cohésion sociale et de développement culturel ». Avec cette troisième édition, le Festival du Sine confirme son statut de vitrine du patrimoine sérère et d’outil de marketing territorial. Il relie création contemporaine et traditions, économie locale et attractivité touristique, et impose Fatick comme un laboratoire des industries culturelles et créatives en région.
Moustapha NDIAYE










