L’Alliance des Syndicats Autonomes de la Santé (ASAS) And Gueusseum a rendu public son Communiqué de grève n°8, annonçant une nouvelle étape dans la radicalisation de son mouvement d’humeur. Le syndicat prévoit, tout au long du mois de mars, des grèves perlées de 48 heures par semaine, des assemblées générales de mobilisation ainsi que le boycott de plusieurs activités de routine dans les structures sanitaires.
Dans son communiqué, And Gueusseum dénonce les « manœuvres dilatoires » du Gouvernement et accuse les autorités d’entretenir une logique de pourrissement du conflit dans un secteur jugé névralgique : la santé et l’action sociale. En guise de riposte, l’organisation appelle ses membres à boycotter les réunions de staff et de coordination, les missions de supervision ainsi que les ateliers de formation et de partage.
Le syndicat se félicite par ailleurs des « scores exponentiels » enregistrés lors des grèves des 26 et 27 février 2026, qu’il considère comme la preuve de sa forte capacité de mobilisation. Il encourage les agents à maintenir la pression, malgré les retenues sur salaires opérées à la suite des précédents arrêts de travail.
And Gueusseum rappelle qu’en 2018, malgré 17 plans d’actions, aucune ponction salariale n’avait été appliquée et que des avancées significatives avaient été obtenues, notamment la signature de neuf décrets portant mise en œuvre de la Fonction publique locale, la revalorisation des Techniciens supérieurs de santé et l’intégration de centaines d’agents contractuels dans la Fonction publique nationale. Le syndicat cite également les protocoles d’accord des 25 avril et 10 mai 2022 comme des acquis majeurs issus du dialogue social.
Dans une charge directe contre le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, le Dr Ibrahima Sy, l’organisation parle d’un « coup de poignard dans le dos ». Elle affirme avoir accompagné les autorités lors des campagnes internationales de vaccination contre la rougeole, la rubéole et les maladies tropicales négligées, avec des taux de couverture supérieurs à 99 %.
Le syndicat déplore également l’absence de réponse à ses correspondances adressées au Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et estime que l’apurement du passif social relève de la responsabilité des plus hautes autorités de l’État.
Adopté à l’issue de l’évaluation du 28 février, ce huitième plan d’action marque une nouvelle phase d’escalade dans le bras de fer entre les syndicats de la santé et le Gouvernement. Reste à savoir si cette intensification ouvrira la voie à un dialogue constructif ou prolongera la crise dans un secteur déjà sous tension.

Moussa Diba