L’heure est grave. Nous ne pouvons plus rester spectateurs d’une situation qui fragilise nos universités, alimente les grèves à répétition et plonge nos étudiants dans une précarité indigne. En tant qu’ancien étudiant, conscient de ce que représente la bourse pour des milliers de familles, je considère qu’il est de notre devoir collectif d’agir pour que ces retards cessent définitivement.

C’est dans cet esprit de responsabilité que j’apporte ici ma contribution, convaincu que des solutions existent et qu’il nous appartient de les mettre en œuvre.

La crise cyclique qui secoue nos universités, rythmée par le retard récurrent du paiement des bourses, menace non seulement la stabilité académique de notre pays, mais aussi l’avenir de toute une jeunesse. Ces retards transforment nos campus en foyers de tensions permanentes, là où ils devraient être des temples du savoir.

Face à ce constat, et refusant la fatalité, je m’adresse à vous aujourd’hui dans une démarche citoyenne et constructive. Il ne s’agit pas ici de blâmer, mais de proposer. L’analyse de notre budget et des mécanismes financiers de l’État démontre qu’il existe des 𝘀𝗼𝗹𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗿𝗲́𝗮𝗹𝗶𝘀𝘁𝗲𝘀, 𝗹𝗲́𝗴𝗮𝗹𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗶𝗺𝗺𝗲́𝗱𝗶𝗮𝘁𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗮𝗽𝗽𝗹𝗶𝗰𝗮𝗯𝗹𝗲𝘀 pour garantir que chaque étudiant perçoive son allocation avant le 15 de chaque mois, sans que l’État ne s’endette davantage.

Le problème n’est pas toujours un manque de ressources, mais un problème de priorité de décaissement.

La solution; c’est d’inscrire légalement les 𝗯𝗼𝘂𝗿𝘀𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 𝗱𝗲́𝗽𝗲𝗻𝘀𝗲 𝗽𝗿𝗶𝗼𝗿𝗶𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗼𝗯𝗹𝗶𝗴𝗮𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲.

Le Ministère des Finances doit paramétrer le système pour libérer automatiquement les crédits bourses avant toute autre dépense de fonctionnement (carburant, fournitures, missions).

Même en cas de tension de trésorerie, la bourse est payée le 5 ou le 10, assurant la paix sociale.

L’État dispose de marges de manœuvre internes considérables. En réorientant des dépenses non essentielles, nous pouvons dégager 𝟱 à 𝟭𝟱 𝗺𝗶𝗹𝗹𝗶𝗮𝗿𝗱𝘀 𝗱𝗲 𝗙𝗖𝗙𝗔 𝗽𝗮𝗿 𝗮𝗻 sans douleur pour l’administration.

𝗜𝗹 𝗽𝗼𝘂𝗿𝗿𝗮𝗶𝘁 𝗶𝗺𝗺𝗲́𝗱𝗶𝗮𝘁𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁:

.Réduire les budgets de carburant, de communication et des missions à l’étranger non stratégiques.

.Limiter drastiquement les cérémonies, séminaires, colloques coûteux et achats de nouveaux véhicules administratifs.

. Ces fonds économisés sont directement réinjectés dans le compte dédié aux bourses.

𝗖𝗿𝗲́𝗲𝗿 𝘂𝗻 𝗙𝗼𝗻𝗱𝘀 𝗣𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗲𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗗𝗶𝘃𝗶𝗱𝗲𝗻𝗱𝗲𝘀 𝗣𝘂𝗯𝗹𝗶𝗰𝘀 (𝗙𝗣𝗗𝗣)

L’effort doit être partagé. Il est légalement possible et moralement impératif de mettre à contribution certaines réserves.

𝗙𝗼𝗻𝗱𝘀 𝗽𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀: Une réallocation de 𝟱 à 𝟭𝟬 % des fonds de la Présidence, de la Primature, de l’Assemblée et des ministères stratégiques vers une «Caisse spéciale de soutien aux étudiants» suffirait à couvrir plusieurs mois de bourses.

𝗗𝗶𝘃𝗶𝗱𝗲𝗻𝗱𝗲𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲𝗽𝗿𝗶𝘀𝗲𝘀 𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀: L’État actionnaire perçoit des dividendes (Petrosen, Sonacos, LONASE, Port Autonome, etc.). Affecter 𝟱 𝗮̀ 𝟭𝟬 % de ces dividendes annuels directement aux bourses permettrait de sécuriser une trésorerie robuste.

𝗖𝗼𝗻𝘁𝗿𝗶𝗯𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲𝘀 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲𝗽𝗿𝗶𝘀𝗲𝘀 𝘀𝘁𝗿𝗮𝘁𝗲́𝗴𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗥𝗦𝗘

Le secteur privé, principal bénéficiaire des cadres formés par l’université, peut être un acteur majeur via un 𝗙𝗼𝗻𝗱𝘀 𝗡𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝗮𝗹 𝗱’𝗔𝗽𝗽𝘂𝗶 𝗮̀ 𝗹’𝗘𝗻𝘀𝗲𝗶𝗴𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗦𝘂𝗽𝗲́𝗿𝗶𝗲𝘂𝗿 (𝗙𝗡𝗔𝗘).

𝗟𝗲𝘀 𝗹𝗲𝘃𝗶𝗲𝗿𝘀 𝗱𝗲 𝗳𝗶𝗻𝗮𝗻𝗰𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 (𝗢𝗯𝗷𝗲𝗰𝘁𝗶𝗳 𝟭𝟬 à 𝟮𝟱 𝗺𝗶𝗹𝗹𝗶𝗮𝗿𝗱𝘀/𝗮𝗻):

-𝗦𝗲𝗰𝘁𝗲𝘂𝗿 𝗲𝘅𝘁𝗿𝗮𝗰𝘁𝗶𝗳 𝗲𝘁 𝘁𝗲́𝗹𝗲́𝗰𝗼𝗺𝘀: Une contribution RSE ciblée ou une micro-taxe affectée de 0,5 % sur les bénéfices des géants (Sonatel, Free, Expresso, sociétés minières et pétrolières) est indolore pour eux mais vitale pour l’université.

-𝗙𝗼𝗻𝗱𝘀 𝗠𝗶𝗻𝗶𝗲𝗿 𝗟𝗼𝗰𝗮𝗹: Une réorientation partielle de ce fonds vers l’éducation des jeunes issus de ces localités.

𝗟’𝗔𝘀𝘀𝗮𝗶𝗻𝗶𝘀𝘀𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝘂 𝗳𝗶𝗰𝗵𝗶𝗲𝗿: 𝗟𝗮 𝗿𝗲𝘀𝘀𝗼𝘂𝗿𝗰𝗲 𝗰𝗮𝗰𝗵𝗲́𝗲

Avant de chercher de l’argent ailleurs, arrêtons de le perdre. Un système de contrôle numérique rigoureux et un audit permanent du fichier des boursiers permettraient d’éliminer les doublons et les indus.

𝗖𝗲𝗹𝗮 𝗽𝗲𝗿𝗺𝗲𝘁𝘁𝗿𝗮𝗶𝘁 𝗮̀ l’𝗲́𝘁𝗮𝘁 𝗱𝗲 𝗴𝗮𝗴𝗻𝗲𝗿 𝗱𝗲𝘀 𝗺𝗶𝗹𝗹𝗶𝗮𝗿𝗱𝘀 𝗱𝗲 𝗙𝗖𝗙𝗔 𝗽𝗮𝗿 𝗮𝗻. De quoi payer toutes les bourses à temps et même augmenter le nombre de bénéficiaires.

𝗟’𝗘𝘁𝗮𝘁 𝗽𝗲𝘂𝘁 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗮𝗽𝗽𝗲𝗹 𝗮𝘂𝘅 𝗔𝗹𝘂𝗺𝗻𝗶 (𝗠𝗼𝗱𝗲̀𝗹𝗲 𝗮𝗻𝗴𝗹𝗼-𝘀𝗮𝘅𝗼𝗻)

Lancer un appel aux anciens: médecins, ingénieurs, magistrats, entrepreneurs formés par l’école publique sénégalaise. La création d’un fonds de dotation, géré de manière transparente, permettrait de lever plusieurs milliards par an grâce à la contribution volontaire des cadres qui doivent leur réussite à l’université publique.

Si ces réformes sont appliquées, les bourses seront payées à date échue (avant le 15); l’État n’aura pas besoin de recourir à l’endettement pour payer le social; et l’université retrouvera sa stabilité et son excellence.

𝗔𝗿𝗼𝗻𝗮 𝗗𝗶𝗼𝗺
𝗖𝗶𝘁𝗼𝘆𝗲𝗻 𝗲𝗻𝗴𝗮𝗴𝗲́ 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝘂𝗻𝗲 𝗨𝗻𝗶𝘃𝗲𝗿𝘀𝗶𝘁𝗲́ 𝘀𝘁𝗮𝗯𝗹𝗲