L’Association des Juristes Sénégalaises, a tenu une conférence de presse ce samedi à la Place du Souvenir pour le lancement des activités du cinquantenaire de l’ AJS. À cette occasion, l’agenda des activités de la célébration a été dévoilé. Les femmes de l’association sont aussi revenues sur les résultats obtenus durant ses 50 premières années.
En 1974, un groupe d’amies professionnelles du droit crée l’Amicale des Juristes Sénégalaises. Cette amicale deviendra très vite une association qui regroupe aujourd’hui en son sein plus de 300 femmes spécialisées dans divers domaines du droit. La présidente et porte-parole du jour, Aminata Fall Niang : » ce cinquantenaire représente des années de lutte constante d’éminentes femmes juristes, engagées avec motivation et détermination dans la promotion, la protection et la vulgarisation des droits humains, en particulier ceux des femmes et des enfants. » a-t-elle déclaré.
Depuis 1974, en collaboration ou avec le soutien d’organisations sœurs de la société civile sénégalaise, l’ AJS s’est engagée dans tous les combats pour la défense des droits des femmes, parvenant à des résultats concrets comme : l’accès des femmes à certains corps de métiers, en 1982, la prise en charge médicale de l’époux et des enfants de la femme salariée en 2006, l’équité fiscale en 2008, la loi sur la parité absolue homme femme dans les instances électives et semi-électives en 2010, la transmission de la nationalité sénégalaise par la femme à ses enfants en 2013, la loi criminalisant le viol et la pédophilie en 2013 …
Pour mieux prendre en charge le problème des femmes et des enfants, l’ AJS a mis en place des boutiques de droit qui sont des centres d’écoute, de conseils et d’assistance juridico-judiciaire qui visent à rapprocher la justice des justiciables et à faciliter l’accès à la justice. Depuis 2008, avec l’ouverture de la première boutique de droit de l’AJS et la mise en place de la ligne verte 800 805 805 en 2012 plus de 68.868 dossiers y ont été reçus et traités. La tranche d’âge des justiciables vanne de 2 ans à plus de 80 ans.
Sur ces 68.868 dossiers, 87% des cas concernent des femmes et 13% des hommes. Concernant les cas de violences enregistrés : 32% sont relatives à des violences physiques, 16% à des violences psychologiques et morales, 25% à des violences économiques et 27% à des violences sexuelles. La médiation est également très usitée pour trouver une issue heureuse. Grâce à cette force de frappe, à l’engagement sans faille de ses membres et à son leadership, l’AJS est devenue une source d’influence dans la définition des politiques publiques en matière de droits des femmes, se positionnant comme l’une des organisations incontournables dans l’environnement des droits des femmes et des enfants.
Ces 50 ans d’existence, marqués par une expérience inégalée en termes d’activités de plaidoyer, de sensibilisation, de formation, d’information et de communication sur les droits humains, plus de 70 projets mis en œuvre portant sur diverses thématiques, avec l’appui de partenaires techniques et financiers qui ont permis d’échanger avec plus de 400 parlementaires de 10 législatures, 300 acteurs judiciaires, et 100.000 personnes sensibilisées ou formées (Hommes, femmes, enfants) méritent d’être mis en exergue.
Ce cinquantenaire sera placé sous le thème « Environnement et sécurité: deux défis pour la protection des droits des femmes et des enfants ». Une série d’activités est prévue dont, un symposium sous-régional, une randonnée pédestre, L’AJS Tour dans les 7 régions des Boutiques de droit, une journée de don de sang, une journée hommage aux parajuristes, la projection de la vidéo documentaire des 50 ans, une soirée « Sargal Jigeen Jambar » où plusieurs femmes leaders dans tous les domaines et secteurs seront primées et en clôture, un dîner-débat, « sargal djiguene ».
Samba Ndoye











